Eh oui ! notre amie Dolly nous a quittés...
Aurélie est inconsolable ; elle a même été très triste à un moment donné et il a fallu lui "regonfler" le moral...
Ah là là ! Une page d'Histoire est tournée..;
Mais la vie va, là, et malheureusement, c'est chacun son tour ... !
Comme je n'avais pas trop le moral, je m'en suis allé à travers la garrigue pour cuver mon chagrin et me changer les idées ; j'ai rencontré des minettes, des potes, des chiens paumés, des lapins de Garenne, le renard du quartier, égorgé quelques mulots, aperçu des sangliers...
J'ai échappé aux balles des chasseurs et j'ai résisté aux intempéries : le froid, la grêle, la pluie, le vent. Je me suis caché dans des terriers abandonnés ou des lentisques épaisses.
De loin, je voyais ma chaumière et apercevais ma patronne qui , malgré ses 80 ans, continue de balayer énergiquement les terrasses et de s'occuper de ses fleurs , devenues magnifiques en ce printemps...
J'apercevais aussi les ambulances qui emmène mon pauvre papa adoptif à la dialyse. Et j'entendais souvent la voix douce et mélodieuse de Valérie qui m'appelait pour la pâtée du soir , telle une sirène de l'Odyssée, dans la brume vespérale...
Mais rien n'y fit pendant un long moment : je me disais que j'étais bel et bien un Chat Sauvage et que j'y trouvais mon identité...
Jusqu'au jour où je me rappelais la douce sensation de la caresse le long de mon échine : cette main chaude qui commence à vous gratouiller entre les deux oreilles (ou sous le menton) et qui glisse jusqu'au bout de la queue. Je me rappelais aussi la voix de l'humain qui cherche à me montrer son affection et ce doux moment où il me prend dans ses bras comme un bébé...
Je me rappelais aussi le goût des boîtes alimentaires pour chat, que je suis, dont ma mère n'a jamais cessé de se délecter...
Alors, je suis revenu, maigre, plat, l'oeil terne, écorché vif à cause de mes nombreuses batailles, couvert de croûtes en voie de cicatrisation et je me suis planté, comme d'habitude derrière la vitre de la porte de la cuisine...
Valérie m'a bichonné. Mon papa était plus distant mais heureux de me retrouver. Ma patronne était un peu affolée par mon aspect de chat moribond et vagabond...
Mais , comme d'hab', j'ai eu droit à une bonne pâtée qui m'a remis sur pattes et qui m'a rappelé soudain qu'il est bon d'avoir une maison et de bons patrons ...
"Home, sweet home" ... |