Mon papa à moi s'appelle Maurice.
Quand je l'ai connu, il était en pleine forme.
Il se levait très tôt le matin pour aller travailler. C'était le premier à montrer son nez . Lorsqu'il ouvrait les volets, je me trouvais souvent derrière avec ma maman. J'attendais toujours le signal de ma mère avant de m'approcher près de la porte-fenêtre de la cuisine derrière laquelle il m'observait après avoir déposé du lait et des croquettes.
Le soir, c'était le même scénario. Je me cachais derrière l'immense jarre aux camélias, puis je passais derrière les pieds de la table de ferme disposée sous le patio. A l'époque, ma petite taille me permettait facilement de me dissimuler. Maintenant, je suis trop gros et je ne peux plus le faire...
Ma maman reniflait ce qu'il y avait dans les écuelles, puis elle se retournait pour m'appeler. Alors, je me précipitais à ses côtés et je me débrouillais à attraper les grosses friskies avec ma patoune blanche, alors que ma mère, elle, préférait les croquettes pour chaton, à cause de ses dents qui manifestement la faisaient souffrir. Je me souviens d'une soirée mémorable, où Valérie la fille, s'était exclamée émerveillée : "ça, c'est un petit mâle ! non mais regardez-moi ces paires de pattes !"
Maurice quant à lui, fondait comme un caramel dès qu'il m'apercevait ! Peu à peu, je sentis qu'il voulait m'approcher et qu'il ne me voulait pas de mal. Chaque matin était une nouvelle victoire avec moi : je me laissais approcher, de plus en plus, de plus en plus près...
Jusqu'au jour où Maurice me prit dans ses bras et il devint : MON PAPA à MOI ! |